samedi, avril 29, 2006

Brûlure par une bombe lacrymogène le 4 avril à Lille

brûlé par une bombe lacrymogène le 4 avril
le 4 avril à la manifestation à Lille j'ai reçu une bombe lacrymogène dans la capuche de mon blouson. Brûlé au 3 ème degré je recherche des témoins, et surtout des photos qui ont été prises par des manifestants quand j'attendais les pompiers
Lors de la manifestation le 4 avril à Lille, Boulevard de la Liberté, à environ 17 Heures 30, nous étions encore environ 300 devant les CRS. Quelques jets de bouteilles aux avants postes et les force de l'ordre ont décidé la dispersion. J'étais derrière le groupe de manifestant lorsqu'ils ont tiré les lacrymogènes. Une des bombes, du moins un des galets qui les composent, est tombée dans ma capuche. Mon Keffié, mon sweat, et mon blouson ont brulé dans la partie dorsal, et le haut de mon dos par la même occasion. Les pompiers ont été appelés, direction le service des brûlés au CHR. Bilan : brûlure au 3ème degré, en attente d'une éventuelle greffe. Lorsque j'attendais les pompiers sur le bord du boulevard, j'étais entouré de plusieurs personnes qui ont pris des photos de mon dos, et qui en tout les cas ont pu constater de l'étendue des dégats. Il est très important que j'arrive à réunir un maximum de preuves, et de témoignages sur ce qu'il m'est arrivé, pour pouvoir constituer un dossier conséquent en vue d'une démarche judiciaire. L'enjeu est de taille, et autrement que personnel. En effet, une eventuelle reconnaissance de la dangerosité physique de l'arsenal de dispersion utilisé, pourrait avoir de fortes répercussions. Ne rêvons pas non plus, ce ne va pas être une mince affaire, mais je crois qu'il est important de faire un maximum pour lutter contre la violence et les conséquences qu'entraîne une manoeuvre policière qui dans la théorie n'a pour but que de disperser une manifestation...

appel du collectif antirépression Paris

Non à la répression du mouvement social : Amnistie !

Face à une mobilisation de millions de personnes, le gouvernement s'est montré d'un mépris consternant, ce faisant, il porte l'entière responsabilité de la violence qui accompagne les manifestations contre la loi sur l'égalité des chances, dont le CPE était partie intégrante, et le CNE, entre autres objectifs.

Plus de 4300 arrestations ont eu lieu, des procès continuent de se dérouler. Comme l'an dernier à l'encontre des lycéen-ne-s en lutte contre la loi Fillon, comme lors des révoltes de novembre dernier dans les banlieues, il s'agit d'une justice expéditive et répressive sur consigne du gouvernement. Nous ne pouvons l'accepter.

Nous exigeons, comme les AG étudiantes, l'abandon des poursuites, la relaxe des prévenu-e-s et l'amnistie des participant-e-s aux mouvements sociaux.

Nous appelons tous ceux et toutes celles qui refusent l'intransigeance et l'arbitraire de ce gouvernement à se mobiliser pour imposer l'arrêt de la répression à l'encontre du mouvement contre la Loi sur l'égalité des chances et le CNE.

Collectif anti-répression du mouvement social du printemps 2006.

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condamnation de Julien, à Rennes, suite à la manif du 23 mars

Condamnation arbitraire pour Julien, à Rennes , suite au jeudi 23 mars

La manif étudiante et lycéenne de Rennes s’est terminée jeudi 23 de façon un peu chaotique. Julien, militant Unef à Rennes 2, s’est éloigné du théâtre des affrontements, place de Bretagne, pour se réfugier dans une petite rue adjacente. Avec un autre jeune homme, qu’il ne connaissait pas, ils décident d’attendre dans une cour que les choses soient calmées avant de rentrer chez eux. Mais 7 policiers de la BAC les surprennent, 6 les saisissent et l’un d’eux se dirige directement vers une poubelle et trouve derrière, quelle coïncidence, un pavé détaché qui se retrouvera à la sortie du camion dans la poche du compagnon de Julien. Du fourgon, Julien a le réflexe de crier son nom, son syndicat et sa fac, une militante CNT l’entend et fait remonter l’information à sa fac, ses parents sont prévenus bien plus tard par une inspectrice sociale. En effet, bien que Julien aie demandé aux policiers de prévenir sa mère et un avocat dont il avait le numéro, ce qui fait partie des droits élémentaires de GAV, personne n’a en fait été prévenu. Julien passe 22 h en garde à vue, dans une cellule poisseuse d’urine de 12m² avec trois personnes, dans une chaleur étouffante, sans fenêtre, avec le droit à un repas et un verre d’eau seulement, ne conservant sur lui que ses vêtements. Bien sûr dans le fourgon et en cellule, les insultes sont continuelles, il faut presque supplier pour avoir le droit d’aller aux toilettes, les menottes sont bien serrées et les flics mentent avec un malin plaisir quand on leur demande l’heure.

L’avocat qu’il rencontre lui conseille, après avoir parlé au procureur, d’accepter la comparution immédiate et d’avouer, sinon cela risque d’être pire. Il est donc jugé le vendredi à 18 h. Dans le fourgon qui le transporte plusieurs fois opur voir le procureur et jusqu’au tribunal, il a toujours les mains derrière le dos, tenues par des menottes en métal qui lui entaillent les poignets. Lors de son entretien avec le procureur, Julien et d’autres prévenus se retrouvent jusqu’à 12 dans un espèce de placard de 5 m², les mains toujours menottées derrière le dos, ils s’entraident pour enlever leurs pulls, tellement la chaleur est étouffante .Le temps d’être prévenus, ses parents arrivent avec un avocat une heure avant. Quatre autres jeunes hommes sont jugés en même temps que lui, en un quart d’heure, lui est inculpé pour « jets de pierres ». Trois nient les faits, dont lui, deux les reconnaissent et tous écopent de la même peine : deux ans de privation de droits civiques et 105 heures de travaux d’intérêt général. Pour le procureur, qui réclamait de la prison ferme, et le juge, les cinq inculpés présents étaient de deux sortes, les coupables qui avouaient et les coupables qui, non contents d’être des « criminels », étaient des « lâches » puisqu’il refusaient d’assumer leurs actes.

La comparution immédiate est une parodie de jugement, elle ne permet en aucun cas une défense efficace, en effet, les policiers, qui disaient avoir repéré Julien alors qu’il jetait des pierres dans la manif, n’étaient même pas présents, mais pourtant seul leur témoignage compte car une procédure si rapide ne permet pas de rechercher d’autres témoins (surtout si personne n’est au courant de l’arrestation), ni de consulter les caméras de vidéosurveillance, qui encadrent pourtant la place et pouvaient apporter la preuve d’un fait. La seule pseudo argumentation de l’accusation était que Julien avait été arrêté dans une rue pavée (comme toutes les rues du centre de Rennes) assurément pour chercher des munitions. De plus le proçés verbal a été rédigé dans cet ordre, d’abord la description de l’interpellation, puis des faits, puis de l’interpellé lui-même. Quand au jeune homme a qui on avait glissé le pavé dans la poche, il reconnaissait les faits mais les flics n’ont heureusement pas osé mentionner sur le PV qu’il avait un projectile dans la poche.

Julien va faire appel de cet décision.

140 interpellations arbitraires 23 mars

140 interpellations arbitraires

Nous avons été 140 à être encerclés par les CRS, hier, aux invalides, puis privés de liberté pendant 5h pour le simple motif de ne pas avoir dégagé les lieux immédiatement en fin de manifestation. Mais que fait la police ? ? ?

Juste un petit témoignage, dérisoire sûrement, mais significatif.

Pour ceux qui était à la manif hier à Paris, vous avez vu comme moi ce qui s'est passé. Des bandes de jeunes ont fait monter la tension pendant tout le défilé en pratiquant des vols à l'arrachée et en s'attaquant à tout ce qui se trouvait sur leur chemin, manifestants, passants... Puis ont saboté la fin de la manif qui à priori devait se terminer à l'assemblée nationale, mais a dû se disperser suite aux violents affrontements qui avaient lieu entre manifestants et ces "jeunes".

Comme nous l'avons tous vu, les forces de l'ordre n'ont pas levé le petit doigt pour intervenir face à ces débordements violents. Première constatation.

Deuxième constatation : vers 18h, alors que j'allais quitter les lieux, je m'attardais un peu sur la place, en marge des débordements, pour voir si éventuellement la manif allait continuer malgré ce sabotage. Les lignes de CRS se sont alors resserrées, empêchant de sortir toutes les personnes qui se trouvaient dans le même périmètre que moi (en marge, j'insiste, des affrontements qui avaient lieu). Certains ont réussi à "s'échapper" en sautant d'un parapet d'environ 5m de hauteur (assez dangereux pour se casser un membre). Puis les CRS nous ont resserré et maintenu "enfermés" pendant environ deux heures, embarquant un à un des manifestants qui avaient commis, pour seul délit, celui de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Pendant ces deux heures les journalistes et photographes porteurs d'une carte de presse pouvaient entrer et sortir du "périmètre de sécurité" comme ils le voulaient. Ces mêmes photographes ont photographié la plupart des gens qui se faisaient emmener un à un par les CRS. Je pense que la quasi-totalité des personnes « encerclées » ont été interpellées car j’ai été une des dernières à être embarquée.

Ils nous ont ensuite emmenés dans des camions où nous sommes restés enfermés pendant plus d'une heure, puis transportés au commissariat de Barbès, dans le 18° où ils nous ont parqués dans des cellules pendant environ deux heures, fouillés, relevé notre identité et fait signer une main courante attestant que "oui" nous avions bien participé à la manifestation et que "non" nous n'avions pas troublé l'ordre public ; nous expliquant qu'ils étaient obligés de nous faire signer cette déclaration pour justifier notre présence au commissariat.

Le policier qui m'a fait signer la main courante m' a dit que nous étions 140 interpellés dans le commissariat. Ce matin, les médias faisaient état de 141 interpellations à Paris, suite aux actes de violence commis pendant la manifestation.

Pourquoi le vrai motif de ces interpellations (c’est-à-dire : aucun) n’a pas été divulgué dans les médias alors qu'une dizaine de journalistes ont été témoins de cette mascarade ?

Pourquoi les CRS ont-ils laissé des manifestants se faire tabasser par d'autres jeunes sans bouger d'un cil et ont ensuite procédé à 140 interpellations arbitraires sur des gens n'ayant commis aucune violence ?

Avons-nous été privés de liberté pendant 5 heures pour faire du chiffre et faire croire à l'opinion publique que "la police fait son boulot" face aux prétendus "casseurs" ? Ne s’agit-il pas là d’une atteinte au droit de manifester ?…

Eg

Vendredi 24 mars 2006

jeudi, avril 27, 2006

Récit interne à l'action menée pendant la manifestation du mardi

Récit interne à l'action menée pendant la manifestation du mardi
28/03,

en réponse aux rumeurs sur les "extrémistes" et "casseurs" qui sont
toujours restées infondées. En réponse également à la vision médiatique
locale et à l'écho déformant qu'elle donne aux actions menées par les
étudiants manifestants.
Preuve n’est plus à faire qu’il faut se méfier des versions médiatiques
des faits, notamment quand elles concernent des mouvements « spontanés
»,
d’occupation ou toute autre forme d’expression d’un mécontentement
social
qui dérange la pensée moyennisante et aplanissante du contribuable
lambda.
Preuve, non, illustration, oui ! L’article du journal local Le Bien
Public
du mercredi 29/03 relatif à l’occupation de la gare lors de la
manifestation du 28/03 en constitue l’allégorie. Dès lors, il semble
important d’apporter une vision des faits sans doute plus proche de
réalité, puisque vécue de l’intérieur.
Tout part du cortège étudiant qui, arrivant place Darcy, se scinde
spontanément pour occuper la gare, dans le but de bloquer
(pacifiquement,
est-il besoin de le préciser) les derniers trains qui roulent. Car,
contrairement à certaines rumeurs, tous les trains de Bourgogne
n’étaient
pas immobilisés (infos régionales de France 3). Un premier cortège de
plusieurs centaines de personnes atteint donc la gare, voie ouverte et
sécurisée par la police. Après un temps, une partie des occupants
décide
de rejoindre la place Darcy pour y bloquer la circulation. Une
cinquantaine de personnes reste sur place, bientôt rejointe par les
intermittents du spectacle puis par d’autres étudiants et lycéens,
ainsi
que par quelques salariés. La finalité de la manœuvre est de faire
monter
d’un cran la mobilisation, passant de la manifestation à l’action
symbolique mais efficace, puisque les trains roulant encore n’ont
effectivement pas pu atteindre la gare de Dijon-ville.
Aux alentours de 18h, les immobilisateurs sont environ 200, les trois
quarts sur les voies, le dernier quart sur le quai. Aucune violence ne
s’extirpe des attitudes ni des slogans, seule la détermination est
prégnante, face à un gouvernement sourd et à sa loi inégalitaire. Les
premières forces de l’ordre, de la police, font leur apparition sur le
quai, peu nombreux (4 ou 5). Les slogans redoublent, toujours adressés
au
gouvernement, à son 1er ministre, à sa loi. Les brigades mobiles
surgissent à leur tour, casques, boucliers, matraques. Les brigades
mobiles approchent, commencent à pousser les manifestants, la plupart
assis, d’autres debout, tous bras enlacés pour résister le plus
longtemps
possible à l’évacuation. « Quoi de plus normal, ces gens font leur
travail
et c’est tout ». Oui et non. Oui, ils font leur travail, chacun sait
que
policiers, CRS, brigades mobiles reçoivent des ordres, qu’il leur
appartient d’appliquer quoi qu’ils en pensent. Non, car ces ordres
s’appliquent avec plus ou moins de zèle. Non, car le minimum
sécuritaire
qu’un citoyen puisse exiger est que la répression d’un acte soit
adaptée à
la gravité et à la violence de cet acte.
En matière de violence et de provocation, force est de constater que
les
occupants ont fait chou blanc : seuls trois jets de pierre ont été
aperçus, aussitôt hués par la foule en signe de refus catégorique du
recours à la violence. Encore une fois, cette occupation n’était pas
faite
pour occasionner l’affrontement ou le bris, mais pour bloquer, montrer
sa
détermination, mobiliser. Certains ou certaines se font écarter
fermement.
D’autres, moins « chanceux », se font littéralement jeter sur la voie
(voire les rails) ou traîner par les cheveux sur un ou deux mètres. Les
occupants reculent, les slogans anti-CRS constituant le seul acte de
réponse à l’agressivité qui monte de façon palpable. Tout à coup les
coups
jaillissent : un lycéen se fait ouvrir le crâne, plusieurs autres
subissent les matraques de deux, trois, quatre membres des brigades. Le
cortège hurle, indigné : rien n’a été fait pour mériter ces coups. Les
premières dispersions sont déjà effectuées par le couloir souterrain,
étant donné que la porte latérale est bloquée. Une partie des occupants
est coincée entre les brigades, à gauche, en face et à droite, et les
grilles protégeant l’escalier contre lesquelles elle se fait écraser.
Certaines personnes, proches de celles qui se font ou se sont fait ruer
de
coups sont en état de choc psychologiques, au bord de la crise de nerf.
Le
cortège recule toujours plus, jusqu’à se faire repousser dans le hall
de
la gare. La porte vitrée se referme, laissant une personne au milieu
des
brigades qui la tabassent. Protestations, cris : la porte cède. Le
cortège
n’avancera plus pour autant ; trois interpellations pendant l’action
(directes) et une interpellation après (indirecte) ont donné le mot
final
aux autorités.
Combien de blessés, combien de personnes frappées ce jour-là ? Il est
(et
restera sans doute) impossible de le dire précisément. Ce qu’il est
possible d’affirmer, c’est qu’aucune provocation ni (quasi) aucun geste
des manifestants n’a donné la moindre occasion aux brigades d’asséner
les
coups qu’ils ont portés à la jeunesse présente à la gare. Que faut-il
faire alors face à cette violence physique, morale et unilatérale des
forces de l’ordre ? Hors de question d’appeler à une violence en retour
!
Ce serait faire le jeu du gouvernement, ce serait contradictoire à tous
les principes d’action qui ont été ceux du présent mouvement social
depuis
son départ, ce serait enfin et tout simplement courir au massacre.
Plutôt
que nos livres contre leurs matraques, livrons leur notre solidarité et
notre inflexibilité contre leur surdité et leur violence gratuite !
L’information (réelle) doit circuler, ce qu’il s’est réellement passé à
la
gare de Dijon doit être connu, il est impensable de se contenter de la
version pernicieuse d’un journal de désinformation locale ! Enfin, et
surtout, notre solidarité doit se diriger vers les interpellés. Un
appel à
témoins a été lancé sur ce même blog d’infos à cet effet. Contre les
agressions physiques, morales et législatives du gouvernement !




Le Collectif d'Occupation de l'Université de Bourgogne
Contre le CPE