samedi, mai 06, 2006

Incarcération pour un mois des 2 italiens arrêtés après la MayDay

Rappel des faits :
La MayDay parade a rassemblé près de 5000 précaires, mêlant manifestation et concert ambulant, agit-prop et échasses, nez rouges et capuches, parapluies et boules de pétanques, percussions et bris de glaces, et a atteint par le boulevard Magenta la place de la République pour un concert en plein air. Au cours de la descente du « boulevard de l'intérim », la plupart des banques , sociétés immobilières et boites d'intérim ont vu leurs vitrines brisées, mais la police n'a pu procéder à aucune interpellation dans cette manif dense et diverse.
Des policiers en civils ont ensuite erré dans le concert, visiblement à la recherche de manifestants à arrêter.
Une trentaine de personnes, majoritairement italiens et apparemment pris au hasard, ont plus tard été arrêtés et menotés dans la rue, alors qu'ils quittaient le concert. La plupart subirent un contrôle d'identité de 3 heures, mais 2 italiens furent mis à l'écart dès l'arrestation. Un gradé les désigna chacun parmi les 30 en disant : « And the winner is »).


Les 2 camarades italiens, Nicola et Federico, ont fait 48 h de garde-à-vue. Ils ont eu un interprète qui ne les a jamais soutenu, allant jusqu'à refuser de leur communiquer le nom de l' avocat. Les chefs d'inculpations sont très vagues-- ils sont accusés d'avoir jeté des pierres et des boules de pétanques sur des vitrines et des policiers (notamment sur un gardien de la paix mais n'a même pas eu d'ITT)). Il n'y a aucune preuve concrète. (on les aurait soi-disant reconnu sur des bandes videos, mais il n'en restera au tribunal que quelques photos où l'on ne distingue personne ; un sweet shirt à capuche les accuserait mais il s'agit d'un vétement porté par de nombreux italiens, ...) Lors de la gav, ils n'ont même pas été confronté au policier qui les accuse.

Ils sont restés en mandat de dépôt jusqu'à jeudi, jour où ils ont été amenés au TGI pour une comparution immédiate.
Une cinquantaine de personnes viennent assiter à leur audience. Plus de flics que de soutiens.
Leur affaire est examinée en dernier (passons tout l'après midi au tribunal à assister à des comparutions immédiates - proc immonde, juge à charge, avocats inconsistants - le pire de la justice expéditive).
Nicola et Federico semblent à bout de force, totalement perdus. Sur le dossier communiqué à la juge, un post-it : « Individu dangereux ». (la juge le justifie par un appel à venir les soutenir tiré d'indymédia...)
En accord avec leur avocate ils demandent le renvoi de l'audience pour préparer la défense
Comme l'oblige la loi le jugement est donc reporté et le tribunal se doit alors non pas de juger les faits mais seulement leur "garanties de représentation" - il s'agit de s'assurer qu'ils se présenteront bien au procès - c'est à dire s'ils seront libérés jusqu'à la date du précès ou incarcérés en détention préventive.
L'un est étudiant en sciences politiques, l'autre magasinnier ; ils ont tous 2 un casier judiciaire vierge et un logement ; leur avocat fournit même des lettres de leurs mères et des certificats d'hébergement en France au cas où le tribunal veuille qu'ils restent en France juqu'au procès.Tous 2 rappellent l'importance pour eux de revenir prouver leur innocence lors de leur procès ;
Leur avocate plaide pour l'application stricte de la loi, c'est à dire de la présomption d'innocence.
L'audience est suspendue pour délibération. Alors que les soutiens attendent la reprise, les gendarmes dans et autour de la salle d'audience se multiplient et petit à petit nous encerclent carrément. Mauvais signe.
Effectivement : la demande de remise en liberté est refusée. Motif : ils sont italiens et leurs garanties ne peuvent être prises en compte ...

A la sortie de la salle d'audience, les gendarmes nous entourent à nouveau et nous obligent t à sortir par une petite porte du tribunal. Ils nous encerclent dans la rue jusqu'à notre départ, nous interdisant de repasser devant le palais de justice. Même les avocats présents n'ont jamais vu ça.

Pour rappel de ce qu'est une détention provisoire (ou du moins le cadre fixé à celle-ci) : "Mesure exceptionnellement ordonnée par le juge des libertés et de la détention saisi par le juge d'instruction de placer en prison avant son jugement une personne mise en examen pour crime ou délit puni d'au moins 3 ans d'emprisonnement (loi du 15 juin 2000). La détention provisoire doit être strictement motivée selon les conditions prévues par la loi."

Le jugement est fixé le 29 mai. Nicola et Federico vont passer 1mois en prison dans un pays dont ils ne connaissent pas la langue, pour être venu participé à une AG européenne à Censier et au 1er mai des précaires
Ils portent un lourd chapeau. A nous tous d'être avec eux.


Arrestation des Italiens le 1er mai

Bonjour,
j'essaie de suivre de prêt via les mails, l'arrestation des
italiens. Nous les avons accueillis à la serre volante et
je fais partie des 3 personnes parmi la trentaine qui ont été arrêtées mais
qui on été relâchées avant
embarquement au poste :je n'ai moi même pas compris ce qu'il se passait
mais ça s'est passé comme ça. Ma première réaction a été de me dire mais
non il faut qu'on nous embarque aussi pour ne pas qu'il y ait les
italienNEs touTEs seulEs, mais ensuite finalement je me rends
compte que ça a servi aussi puisque nous avons pu nous organiser et suivre le truc et
signaler dans quel commissariat ils étaient retenus (Giuliana,
c'est moi qui t'ai appelée ce soir là, bref nous n'avons pas pu venir au
procès, mais si nous pouvons être d'une aide quelconque pour la suite des
évènements, faites le moi savoir (je n'en ai pas parlé au
collectif donc
là je parle en mon nom, mais je pense que tout le monde sera
d'accord pour ce soutien, notre problème à nous c'est plus le temps parce qu'avec la
serre volante, ça nous prend tout notre temps. Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à me contacter.
Pour un témoignage par exemple mais en, même temps je me dis, mais de quoi ???
Même étant sur place on entendait pas tout ce qu'il se disait parce
qu'on était alignéEs les unEs à côté des autres le long du mur et du coup
si quelqu'unE se faisait contrôler à un bout, on entendait rien à l'autre.
En tout cas rien ne justifiait cette arrestation, nous ne faisions que
marcher j'avais même conseillé au départ quand nous commencions à partir
de la place, à la personne qui était devant de replier son drapeau parce
que la police pouvait nous accuser de (je ne connais plus l'expression)
mais bref de continuer la manif alors qu'elle est terminée. Du coup on
rentrait tranquillement drapeaux rangés en papotant doucement.
Un type m'a demandé pourquoi on ne prenait pas le métro, je lui ai répondu
q'on avait à peine 10 minutes de marche que nous avions 2 stations et qu'en métro on
aurait dû payer un ticket... dans le sens où je savais qu'on aurait pas
fait comme ça et que ça aurait été un bon argument d'arrestation pour la
police toujours présente dans le métro en fin de manif aussi.
Je pense que si nous avions pris le métro ça aurait été pire. Là quand ils nous ont
arrêtés :
1) c'était injustifié, je voudrais bien connaître cette loi qui permet
d'arrêter des gens pour auccune raison (peut être déplacement en groupe)
2)puis les fouiller avec palpage au corps et tout le tralala
3)puis nous garder comme ça pendant 1/2 heure au moins, puis embarquer
tout le groupe : pour quelles raisons ? Et ça ça pourrait servir aussi
pour le procès, ce contrôle de police abusif et injustifié. J'aurais voulu
être à côté mais une italienne avec qui j'ai parlé le lendemain m'a dit
avoir entendu les flics dire des trucs du genre " alors on prend le quel ?
celui là il te plait, oh non plutôt celui là tiens remet lui sa cagoule,
hum, enlève là, tourne...."

bon voilà je sais pas si tout mon blabla sert à quelquechose... une chose
au moins que je sais ils cherchent qulequ'un dont ils ont un descriptif et
cette personne ils ne l'ont pas trouvée, mais comme il leur faut des
coupables ça retombe sur la gueule de Nicola et Federico.

Noémie