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> Ludovic MAMDY - Coordinateur régional AMAP
> Alliance Paysans Ecologistes Consommateurs
> Rhône-Alpes
> 8 Quai Maréchal Joffre
> 69 002 LYON
> Subject: arrestation injuste
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> A faire tourner,
> Salut à toutes et tous,
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> Comme je vous l'avais annoncé, avait lieu à Grenoble jeudi dernier une
> manifestation contre l'inauguration de Minatec, et contre le monde
> micro-technologique que nous préparent les nanotechnologies.
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> Comme on pouvait s'y attendre, le dispositif policier était
> impressionnant. Comme on pouvait l'imaginer depuis les manifestations
> anti-CPE de Grenoble, la police a eu le lacrymo et le Flash-ball faciles :
> une jeune manifestante a été défigurée par un tir
> dans la joue et opérée le soir-même, alors qu'elle était assise sur un
banc au milieu d'un rassemblement pacifique.
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> Comme vous le savez, je suis membre du collectif "Opposition Grenobloise
> aux microtechnologies" qui appelait à cette manifestation et tentait de
> l'organiser (débats les jours précédents, hébergement collectif des
> extérieurs à Grenoble) dans la mesure de ses faibles moyens. Mon
> colocataire Samuel aussi, mais lui c'est encore pire puisqu'il a parlé
> dans le mégaphone pendant la manifestation.
> Pendant la manif, avant la dispersion, la vitrine d'une banque a été
> entièrement détruite par quelques personnes, que nous ne connaissons pas.
> Donc, pour la Police, je suis coupable d'avoir "participé à un
> attroupement armé" et Samuel est coupable "d'incitation à la destruction
> de biens en réunion".
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> Donc, nous avons été tous les deux interpellés le lendemain matin vers
> 9h30, alors que nous nous rendions en vélo vers le centre-ville pour y
> diffuser des tracts, ou peut-être juste nous reposer car nous nous étions
> levés à 5h00 du matin afin de veiller sur les gens dormant dans le lieu d'hébergement.
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> Je ne vous raconterai pas en détail les 10h de garde-à-vue qui ont suivi,
> juste quelques moments forts :
> - fouille au corps (nudité totale),
> - découverte des cellules de béton de garde-à-vue,
> - transport menottes au poignet à notre domicile pour perquisition, pour y
> chercher des armes (ce n'est pas une blague),
> - pression psychologique intense lors de notre refus de nous soumettre à
> un prélèvement ADN, notamment pour nous faire croire que cette décision
> entrainerait la prolongation de la garde-à-vue et une nuit passée en prison préventive,
> - audition, où nous découvrons qu'un policier infiltré parmi les
> manifestants ces derniers jours nous auraient vu "applaudir" lors de la
> casse de la banque, et Samuel dire "on va péter un laboratoire". (tissu de mensonges incohérent).
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> Nous sommes finalement convoqués au tribunal de Grenoble le lundi 19 juin
> à 14h00, où nous serons jugés pour "avoir participé volontairement à un
> attroupement après sommations et dispersion".
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> Quant au refus de prélèvement ADN, il constitue un autre délit (le saviez-vous ?? et oui, Bienvenue à Gattaca, le Meilleur des Mondes des lois Perben 2) mais ça c'est le dessert, ce sera pour plus tard.
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> Nous sommes donc jugés, pour être restés dans la rue alors que les CRS
> pourchassaient les manifestant-e-s à coups de matraque, de lacrymogènes et
> de Flash-balls tirés à hauteur de visage. Nous sommes jugés parce que
> notre colère face à cette répression, a été plus forte que notre peur des
> cogneurs de la Brigade Anti Criminalité en chasse et en tenue de combat.
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> Je m'arrête là, vous comprenez que je suis toujours, plus que jamais, en colère.
>
> Il me reste une chose, une seule, à vous demander
: si vous pensez que notre arrestation est injuste et indigne d'un pays
> qui se dit "des Droits de l'Homme", si vous ne voulez pas que nous soyions
> condamnés à 2 ou 4 moi de prison avec sursis pour rien (c'est
> vraisemblablement ce que nous allons prendre) : diffusez cette histoire autour de
> vous, parlez-en, dites à tout le monde qu'aujourd'hui en France, c'est le
> simple droit de manifester qui est menacé.
>
> Il ne s'agit plus aujourd'hui de se demander si nous sommes encore en
> démocratie. Face à la dictature qui s'installe en France, loi après loi,
> se nourrissant de la misère et de la résignation du plus grand nombre, du
> silence des nantis et de la cacophonie des médias,
> il s'agit de choisir son camp.
>
> Ce récit est encore trop parcellaire et incomplet,
> il y aurait tant à dire sur ces quelques jours...
> A bientôt, grosses bises
>
> Lucas
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